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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:33

Situation géographique :  

Mines et recherches abandonnées de sulfure d'antimoine (stibine), (1859-1918), département de Haute-Corse. Cette exploitation minière ayant une superficie de 652 hectares, s’étend sur le territoire de la commune de Luri, la concession fut instituée par décret le 16 juillet 1863. Accès : (Cf. Carte Cap Corse). On atteint les anciennes mines de Luri à partir de la Route Départementale 80 de Bastia à Macinaggio. Au niveau de Santa Severa, on rejoint la D 180 jusqu’au hameau de Castello. Les bâtiments de l’ancienne mine s’aperçoivent sur le bord droit de la route en allant vers le village, on peut observer, toujours dans la même direction, à gauche de la route de grandes haldes. L’accès au gisement de Spergane, suivre la route en direction du col Sainte Lucie, prendre ensuite la route du hameau de Spergane a la sortie de la bourgade, se trouve un sentier qui part en direction du vallon ou se trouve les vestiges des galeries et bâtiments. Carte IGN 1/25000ème Cap Corse 4347 OT. Carte géologique 1/50000ème Bastia

Aperçu historique :

La découverte par un habitant du village dans son jardin au début de l’année 1859 a permis de reconnaître les premiers indices et d’y faire quelques travaux de recherches pour découvrir le filon de Castello. A l’origine c'est un mineur de Meria qui confirma au découvreur qu’il s’agissait de minerai d’antimoine. La même année l’inventeur déclara à la préfecture de Corse cette découverte, mais celle-ci lui est contestée par plusieurs personnes, dont le maire de la commune. Dans le courant de l'année 1859 trois demandes en concessions sont adressées à la préfecture. Le décret d'exploitation de la concession de Luri Castello est finalement accordé aux premiers inventeurs du filon de Castello, le 16 juin 1863. Ces derniers ont obtenu les faveurs de l'administration de mines car ils avaient dès 1859 entrepris des travaux de recherche importants. La société exploite régulièrement un filon très minéralisé situé au lieu-dit Castello. Après le percement de 4 galeries à flanc de coteau, à partir de 1866 on procède au creusement du puits de 24 mètres de profondeur. A compter de 1870 un second puits dit de 90 mètres est ouvert, il constituera la colonne vertébrale de la mine. Jusqu'en 1881 on perce 4 niveaux de galeries autour de ce puits. Durant les années 1870, la statistique de l'industrie minérale recense 15 à 40 mineurs dans l'exploitation de Luri Castello. L'activité se maintient temps bien que mal jusqu'au milieu des années 1885, à cette époque les premières difficultés d'écoulement et la chute du cours du minerai contraignent les concessionnaires à cesser l'activité. Devant l'impossibilité de rémunérer leurs ouvriers, les dirigeants de la mine leur abandonnent l'exploitation en 1887. La gestion est assumée par leur syndicat sous la responsabilité d’un maître mineur. La vente de la production est faite à un anglais Sir Arthur Southwell qui l'exporte vers l'Angleterre. La concession est cédée à la société Wiens, Novelli et Southwell de Londres en 1889, société nouvellement créée pour la reprise de la mine de Luri, avec des capitaux anglais sous l'impulsion de Southwell. L'activité de la mine est importante, on atteint en 1893 le niveau - 150. Arthur Southwell était vice-consul d'Angleterre à Bastia, il était venu en Corse pour contrôler l'approvisionnement en cédrat d'une confiserie londonienne. Après avoir monté une compagnie maritime pour assurer des transports de marchandises entre la Corse, l'Angleterre et le nord de l'Europe, il multiplie les achats de minerais pour des industriels anglais avant de prendre part directement à de nombreuses exploitations dans l'île (Luri, Meria, Argentella et Lozari), jusqu'à sa mort en 1910. Faisant fonction d'ingénieur, Southwell fait doubler le second puits par un travers-banc desservant 8 niveaux de galeries. Dans un article du Petit Bastiais daté du 7 janvier 1891 et quelques rapports des ingénieurs des mines soulignent l'activité du concessionnaire. Il fera installer deux machines à vapeur pour l’exhaure des eaux et ouvrir des niveaux supplémentaires.

La société emploie chaque année entre 150 et 200 personnes, dont la grande majorité est d'origine étrangère (Italiens). Des manœuvres insulaires, parmi lesquels on trouve des femmes et des enfants originaires du village de Luri, sont employés à l'extérieur, pour le triage, le boisage, etc. La décennie 1890, inaugure une grande activité, avant de connaître une baisse progressive de la production, due à la chute des cours du régule, consécutive à l'arrivée sur le marché européen des antimoines chinois. Entre 1890 et 1897, 130 à 200 ouvriers sont occupés chaque année, en 1899 ils ne sont plus que 30. En 1904, la société anglaise cède la concession à une firme italienne, la société « Minière e fonderie d'antimonio », dont le siège social est à Gênes. La nouvelle direction de la société se contente de dépilages sur le site de Luri, dont une grande partie des niveaux inférieurs sont noyés, pour se consacrer à des recherches sur le filon de Spergane (une demande de recherche est adressée à la préfecture). La concession de Luri est regroupée en 1926 aux autres mines d'antimoine (Ersa et Meria) par la Société Minière du Cap Corse. Le siège social du nouveau concessionnaire se trouve à Ivry (France) et son responsable n’est autre que l'ingénieur  local de la mine de Luri. Celui-ci va mener quelques travaux de recherches au hameau de Spergane entre 1927 et 1939, puis cette dernière société est mise en liquidation. Il apparaît en 1952 une nouvelle Société d'Etudes et de Recherches pour l'Antimoine qui reprend les trois concessions du Cap. Il s'agit d'une filiale de la Société Nouvelle des Mines de la Lucette. Cette société exploitait une mine d'or et d'antimoine située sur la commune Le Genest en Mayenne, gisement épuisé en 1952, mais la société conserve une importante fonderie d'antimoine, approvisionnée par les mines de sa filiale en Algérie. On envisage dès 1952 d'exploiter les filons de Belle-Fachieri à Luri et San Martino à Meria avec 16 mineurs, une estimation du coût en matériel a été définie à plusieurs millions de francs, le projet sera abandonné. En 1983, cette dernière société devient directement concessionnaire des mines d'antimoine du Cap. Elles servent de réserve en écartant une concurrence nationale, sur le terrain sa politique se caractérise par un désengagement. En 1984 on a procédé à la mise en sécurité des travaux.

Description des travaux :

Type : Filon de quartz à sulfures Sb et minéraux connexes

La concession de Luri Castello comprend deux secteurs, le gisement de Castello (Filon de Poggio) et le gisement de Spergane distant l’un de l’autre que de 2,7 kilomètres et une abondance de filons parallèles de direction NW-SE, qui s’étendent sur l’ensemble de la concession.

Localisation Lambert 4 - Corse : Le gisement de Castello avec les filons Castello «sensu stricto» X: 576,050; Y : 4291,000; Z : 160. X : 576,150 ; Y : 4291,120 ; Z : 170. X : 576,220 ; Y : 4290,950 ; Z : 170. Simoni, Belle Falchieri, filon d’Alzeto, «un peu plus au N et parallèle au filon Belle Falchieri», filon de Poggio « celui-ci étant parallèle au filon Alzeto, mais orienté NE »

Ce champ filonien est reconnu sur plus de 600 mètres de longueur jusqu'au niveau -90 m et 150 m au niveau -182 m. La hauteur totale parcourue est de 230 m. La puissance du filon est en moyenne de 1,5 à 2 m mais peut atteindre jusqu'à 5 m (niveau Giuseppi) et même 6 m (niveau N°7). La puissance réduite de la minéralisation, dans les parties minéralisées, peut atteindre 0,40 m, le minerai étant généralement en deux veines situées au toit et au mur, et typiquement bien séparées au niveau N° 7. Cette minéralisation forme une colonne majeur de 100 à 150 m de longueur et connue sur toute la hauteur des travaux [230 m) et des lentilles situées de côté, dont une localisée à 80 m au NW de cette colonne. Les épontes sont en général bien marquées et soulignées par des miroirs de failles. D’une direction N 45° W, le filon parait subconcordant avec les schistes encaissants. En fait, si sa direction est parallèle à celle des schistes, son pendage est plus fort -60° vers le SW- et il recoupe un autre filon. Les travaux d'exploitation de Castello ont comporté au total 400 m de puits et descenderies, 250 m de travers-bancs et 4 000 m de galeries, le filon ayant été reconnu sur 12 niveaux distants verticalement de 20 à 25 m, dont 4 au jour et 8 desservis par un puits profond de 182 m. Des travaux de recherche sont entrepris par le BRGM depuis 1974 sur le champ filonien, Ils ont comporté jusqu'à présent essentiellement des prospections géochimiques en sol et des tranchées. Ces travaux ont abouti à la découverte de nouveaux indices qui restent de dimension assez modeste.

La production du filon Castello a été estimée à 3 000 t de Sb. Les travaux de géochimie ont montré qu'il n'existait pas de nouvelles colonnes minéralisées affleurantes de surcroît au filon. Selon les études établies par les nombreux scientifiques il serait judicieux de prolonger les recherches d’éventuelles minéralisations beaucoup plus en profondeur.

Localisation Lambert 4 - Corse : Filon de Spergane, celui-ci se trouve proche du hameau,  « X: 574,800; Y : 4292,300; Z : 300. & X : 575,000 ; Y : 4292,060 ; Z : 220.

Découvert en 1862, Il est orienté lui aussi N 45° W avec un pendage 70° SW, il se situe en prolongement approximatif des filons Simoni et Belle Falchieri. Reconnu en affleurement sur 1 km, le filon a d'abord été tracé sur 3 niveaux ; Ribasso 90m, Viola 120m et Rosetta 158m, il a été parcouru en galeries sur environ 400 m de long et 150 m de haut entre les différents points. Quelques travaux en 1881-1885 sur le niveau Giglio 23m, puis abandonné. Une reprise entre 1905-1908 par la société Mines et fonderies avec des recherches sur les 4 niveaux suivant : qui sont de bas en haut : Ribasso, Viola, Rosetta, et Giglio, finalement ce fut presque 1100m de traçage qui a été fait sur cette mine. La minéralisation était distribuée en lentilles irrégulières sans continuité verticale ni horizontale. L'épaisseur moyenne était de 15 cm, pouvant atteindre 40cm, sur des longueurs variant de 2 à 11 m, séparées par des serrées de 2 à 3 m d'une puissance de quelques centimètres. Le minerai était composé de stibine, pyrite et mispickel. La production du filon Spergane est évaluée à 400 t de Sb (1 000 t de minerai à 35 - 40 %). Un rapport du Service des Mines, de 1915, chiffrait les réserves à 4 000 t de minerai à 50 % Sb, qui n'auraient donc pas été toutes exploitées. Les recherches se poursuivirent jusqu'en 1921.

L'exploitation en galeries était élaborée autour du puits de Terra Rossa. On rencontre aujourd'hui sur le site plusieurs entrées d'anciennes galeries sur la route communale menant au hameau de Castello. Sur la place (constituée par les haldes de la mine) qui sert de dépôt aux Ponts et Chaussées était installé un hangar à minerais. En face de l'autre côté de la route communale, on rencontre le bâtiment d'accès au puits Terra Rossa, aujourd'hui obstrué. Il s'agit d'un ensemble réalisé en brique rouge et liant à la chaux, se composant d'un mur d'enceinte, d'un petit bâtiment à l'Est qui servait d'accès à la descenderie et d'une tour à l'Ouest devant servir de chevalet pour la descente dans la mine par le puits Terra Rossa. Juste au-dessus se trouve le bureau de la mine, établi en rez-de-chaussée surélevé et avec un comble à surcroît, la couverture en tuile creuse est très dégradée. Sur les trois autres filons de Belle Falchieri, Simoni et Poggio, qui ont surtout fait l'objet de recherches, il subsiste des entrées de galeries peu développées et des traces de grattages. Concernant le site de Spergane peu de choses subsistent aujourd’hui si ce n’est que quelques entrées de galeries partiellement effondrées et une ruine en bois.


Minéraux :

A : Stibine - Calcite -

AF : Stibiconite - Arsenopyrite - Quartz

F : Calcite - Ankérite  

PF : Cinabre

R : Berthierite
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:29

Localisation Lambert 4 - Corse : Le gisement San Martino « X : 577.500 ; Y 294.450 ; Z 200 & X : 577.750 ; Y : 294.200 ; Z : 200 », fut le premier filon découvert dans la concession et il fut l'objet des première recherches dont nous ayons connaissance on 1855.

Il affleure à environ m au sud de la vallée du ruisseau de Méria au sud de la Chapelle San Martino, sur la rive gauche du ravin de la Vetrice, à quelques dizaine de mètres en amont de son confluent avec le ruisseau de la Rota. On accède aux plus anciens travaux ouverts sur l'affleurement du filon en remontant le ravin qui fait face au hameau de Pastina.

L’inclinaison du filon dans cette partie de la galerie, semble décroître avec la profondeur, tandis qu’aux niveaux supérieurs à celui du travers banc de San Martino il aurait été beaucoup plus important. Une faille, entre les niveaux 3 et 4, rejette le filon verticalement de 12 m vers le bas. La puissance du filon aurait été de 1m, 10 à 1m, 30 aux niveaux supérieurs avec une puissance réduite minéralise du 1/4 ou du 1/3. Aux niveaux inférieurs il n'est fait mention que de puissance réduite, elle varierait entre 0,05m et 0,30 m, et culminant  à 0,60 m avec une moyenne de 0,10 m. La longueur reconnue serait de 150 m avec une colonne minéralisée d'une traversée de 60 m au niveau n°1, d’une hauteur reconnue de 100 m environ. Minerai et gangue ; stibine de longue baguettes à larges facettes, parfois enchevêtrées ou on agrégats bacillaires. D’autres espèces minérales ont été signalées, blende, pyrite, cinabre et bournonite. La gangue est quartzeuse, avec calcite. A l’époque de l’exploitation le minerai de San Martino, a été jugé comme étant le meilleur, et les exploitants ont obtenu des concentrés à plus de 50%. Le minerai marchand de première catégorie titrait 50% et plus, Le minerai marchand 2ème catégorie ne titrait 40%.

3 niveaux On été ouvert entre 1855, 1860 et 1884. Le niveau supérieur ouvert sur l'affleurement du filon, la galerie atteint 35m de long, avec un minerai plus ou moins abondant, est de très bonne qualité. Le niveau moyen est à 14 m en aval du niveau supérieur, et il comprend un travers banc de 20 m, au toit du filon, tracé dans les schistes et débouchant au jour. Une galerie, qui selon les rapports aurait entre 100m et 300 m, un dépilage sur 10 m eut lieu entre ces 2 niveaux.

Le niveau inférieur serait 14 m en aval du niveau moyen. C'est le niveau de Vétricia et serait conçut par une galerie horizontale d'accès de 30 à 40m, une galerie en direction de 150 à 200 m de longueur avec dépilages vers l'amont (exécuter probablement entre 1860 et 1864), un puits « puits de Vétricia » qui a recoupé le filon entre 13 à 17 m. Des traçages de part et d'autre d'environ 30 m de long ont précédé les dépilages entre ce sous-niveau et la galerie principale, il a été extrait de ces travaux 500/600 kg de minerais au m2. Les travaux de la Vétricia furent interrompus par des venues d'eau.

En 1880 on entreprit l’ouverture d'un grand travers-banc à partir de la vallée du ruisseau de Méria, face à Pastina. Ce travers-banc était, à l’origine, destiné à rejoindre un autre filon de la concession, le filon de Fossato. Abandonné en 1882, repris puis délaisser à nouveau en 1889, le creusement du travers-banc, alors long de 215 m, fut poursuivis à partir de 1890 en direction du S-W pour parvenir au filon San Martino, 100 m plus loin, un peu à l'Est du puits de Vétricia à 35 m en aval du niveau de Vétricia. Ce travers-banc, d’une longueur de 315 m, desservait désormais tous les travaux à venir du filon San Martino. De 1890 à 1893, 1908 à 1910 ainsi qu’en 1913, le filon San Martino a été exploité par les ouvrages suivants.

La galerie du niveau n° 1 qui débouche dans le travers-banc à l'ouest du travers-banc. La galerie a été poussé à 167 m. Stérile sur les 40 premiers mètres, le filon prit subitement une importance considérable, qui diminua graduellement en  allant vers le NW sans toutefois disparaître jamais complètement. À l'avancement il avait encore 12 cm d'épaisseur réduite. A l’est du travers-banc, le niveau n°1 est stérile, il a été prolongé pour rejoindre le filon Fossato.

Vers l'amont, l'exploitation entre le niveau n° 1 et les vieux travaux de la galerie de Vétricia s'est fait par l'intermédiaire de 3 ou 4 cheminées dans le filon, longues d'une quarantaine de mètre. La taille supérieure avait une longueur de 70 m sur les travaux de 1890 à 1892. En 1893 la plus part des chantiers avaient atteint la limite des anciens travaux. Vers l'aval du niveau n°1 le filon a été reconnu et en partie exploité par l'intermédiaire d'un plan incliné, ouvert à 90m environ à l’ouest du travers-banc. Ce plan incliné a la vocation de servir la galerie du niveau n° 2, à moins 20 m, qui est tracée sur une distance d'environs 120 m, dont 70m vers l'ouest. En 1893, 4 à 5 chantiers sont ouverts, le filon y est fréquemment bien minéralisé, toutefois il y a appauvrissement sur ce qu'il était au niveau de la galerie de roulage. La galerie du niveau n° 3, à moins 32 m, est  longue de 150 m, dont 80m vers l'ouest. La puissance du filon dans les tailles variait de 12 à 15 cm. L'exploitation entre les niveaux 3 et 2 semble avoir eu lieu de 1906 à 1909. La galerie n°4 à moins 60 m, elle aurait atteint une longueur de 160m, dont 100m vers l'ouest, avec une puissance minéralisée de 5 à 15 cm. Les deux fronts Est et Ouest de cette galerie étaient stériles. Il est intéressant de savoir qu'entre les niveaux n° 3 et 4, une faille, de direction E-W, pendage 70 g N, rejette le filon de 12 m vers le bas. Il ne semble pas que des dépilages importants ce soient développés entre les niveaux 3 et 4. En effet le dépilage entre ces niveaux n'a commencé qu'en janvier, puis mai 1913, par la suite tous les travaux furent arrêtés. La galerie du niveau n° 5, à moins 70 m environ, aurait été tracée sur une longueur de 50 m. La préparation du niveau n°5 a été stoppée par l'arrêt de l'exploitation.

Finalement, le filon San Martino aurait été reconnu sur 133 m de hauteur et exploité sur 95 m de hauteur et d’une largeur moyenne de 50 m environ. Les spécialistes ont analysé les travaux, ainsi que compte tenu du pendage, et ils on trouvés une surface dépilée d’environ 6750 m². La production aurait avoisiné  810 tonnes de minerai métal, pour une puissance réduite moyenne de 0,10 m d'un minerai à 40% de Sb, le rendement moyen au mètre carré de filon devait être probablement de 120 kg de Sb. Selon les spécialistes  il y aurait dans une partie des galeries une réserve probable de 420 tonnes de Sb.

Au SW du filon de San Martino, tout à fait en amont du ravin de la Vétricia, on retrouve les vestiges d'anciens travaux effectués sur un ou plusieurs filons, le filon d'Alla Vena dont les affleurements se situaient à la limite sud de la concession de Méria.

Les travaux de Vétricia sont tous éboulés à l’heure actuelle, le grand travers banc de San Martino est éboulé à son entrée, celui-ci se trouvant sous la petite route de la marine de Méria. Ce travers banc était boisé, il y a donc tout lieu de craindre que, depuis 1913, il se soit éboulé en plusieurs endroits. Les venues d'eau, qui avaient gênés les travaux supérieurs de Vétricia, étaient considérées comme peu abondantes dans les travaux inférieurs.

Les renseignements sur tous ces filons sont désuets, incomplets et difficiles à interpréter. Il semble qu'il y ait au moins 2 filons parallèles, de direction N-W à pendage SW, distants de 150 à 200 m l'un de l'autre.

Le filon de Valle alla Vena sud, qui a fait l'objet de recherches en 1860 : elles eurent lieu près du sommet du "valle alla Vena", des deux côtés du ravin. A l'Ouest du ravin les recherches consistent en un travers-banc de 10 m qui a rencontré un filon épais de 0,10 m avec une galerie Nord (ou N-W) de 5 m et une galerie Sud (ou S-E) de 5 m. A cette extrémité on a commencé une descenderie suivant la pente, arrêtée à 10 m de profondeur à cause des eaux. Une descenderie de 6 m ouverte à environ 25 m à l'Est, qui a rencontré le filon ayant la même allure. Un deuxième travers-banc, ouvert 15 m en contrebas du premier, qu’atteignait 12 m en 1860 et devait servir à l'exploitation. Une galerie de 20 m ouverte dans le même filon, au pied du Castellacio, et qui n'a montré que des traces de minerai.

A l'est du ravin, face aux autres travaux, 2 galeries, ouvertes sur le même filon, situées à 15 m de différence de niveau et longues chacune de 20 m, n'ont rencontré que des traces de minerai. Enfin un peu plus au Sud, on a ouvert 3 galeries en direction sur un autre filon.

Ces galeries dont la plus importante (l'inférieur atteint 25 m n'ont rencontré que des traces du minerais.

Dans le filon dit « Valle alla Vena Nord », de 1890 à 1892 on reprit des travaux, mais, nous semble-t-il, sur un autre filon situé 150 à 200 m plus au nord que le premier. Ces ouvrages comprennent, une galerie horizontale de 10 m qui recoupa un filon NW-SE avec une inclinaison SW d'une puissance de 0,50 m et renfermant un minerai disséminé et fleurs. Un puits de 18 m et 2 galeries en direction à la base. La galerie SE, longue de 10 m, suivit le filon stérile. La galerie NW suivit, sur au moins 20 m, le filon bien minéralisé avec 0,10 m d'un minerai massif à larges lamelles. Il y eut un chantier de dépilage dans ce quartier en 1891. Un travers-banc, ouvert 50 m en contrebas du premier travers banc, long de 150 m et qui rencontre 2 filons à 62 m du jour : un filon NW-S: avec inclinaison vers le SW. Il a été tracé de part et d'autre sur une distance d'au moins 50 m (encore visitables), peut être de 200 m et comporte des zones d'abattage. La puissance du filon était de 0,60 m et la puissance de minerai de 0,03 à 0,06 m. Un puits intérieur de 15 m est actuellement noyé. À 150 n du jour, un filon de direction non précisée, mais qui pourrait correspondre par sa position au filon reconnu par le travers banc supérieur. Il aurait été tracé sur une trentaine de mètres vers l'W ou le NW.

Carte

Fig. Plan des travaux San Martino & Fossato « archives »

Les sites de San Martino et Fossato, qui avaient rassemblé les premiers travaux de recherche dans les années 1850, seront par la suite exploités périodiquement en complément de Vallone. Ils se composent de deux puits à Fossato au Sud-Est qui desservent vers le Nord-Ouest les cinq niveaux d'exploitation de Vetrice, sur 75 mètres de profondeur. Une descenderie équipée d'un treuil installée au niveau -1 à soixante mètres à l'Ouest du puits Vetrice, dessert tous les niveaux. Le travers-banc San Martino, équipé mécaniquement en 1908, rejoint la route départementale 35 sous le hameau de Pastina, à hauteur du pont sur le ruisseau de Méria. Avec l’avènement du modernisme la mine se dote d’une centrale électrique qui se trouve sur le bord gauche du ruisseau, au niveau des vestiges d'un bâtiment rectangulaire, installé en 1910-1911, cette  microcentrale électrique servait a alimenter en énergie, lumière et fonctionnement des machines, activer treuils et pompes électriques.  La mise en place d'une centrale électrique à proximité des travaux de San Martino, permis d'éclairer la mine de Méria et de mettre en activité plusieurs machines à Vallone et à San Martino. Un plan réalisé par l'ingénieur des mines lors d'une visite en 1911, montre l'installation d'une ligne triphasée à 2000 V qui, par des lignes haute et basse tension installées dans les galeries, alimente l'éclairage des galeries, les treuils et les pompes d'épuisement des eaux. La tradition orale véhicule que le hameau de Pastina, au-dessus des travaux de San Martinu, était occupé par les ouvriers de la mine, il est aujourd'hui en grande partie abandonné, la plupart des petites constructions réalisées en schiste et liant à la terre argileuse sont en ruines. Plusieurs entrées de galeries, dont la plupart ont été mises en sécurité, se trouvent en contrebas de la route départementale 35, dont une entrée intéressante sur le bord du ruisseau de Méria, dont la forme et le boisage laissent penser à des travaux antérieur a la concession.

Minéraux :

A : Stibine - quartz

AF : Stibiconite - Arsenopyrite -  

F : Calcite - Ankérite  

PF : Cinabre

R : Berthierite

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 19:17

Situation géographique :

Mines et recherches de sulfure d’antimoine (stibine) (1850-1919), département de Haute-Corse (2B) commune de Meria, il y avait également une usine de préparation de produit minéral. Cette concession minière d’une superficie de 297 hectares a été instituée par le décret du 10 mars 1858, puis une modification fut accordée le 31 juillet 1888 d’une surface de 464 hectares. Accès : On accède à la mine de Meria en empruntant la route D 35. Celle-ci part de la marine de Meria en direction de Morsiglia. La concession minière de Meria est constituée de deux gisements très importants, comportant de nombreux champs filoniens, distant, parfois de plusieurs kilomètres les uns des autres : (1) gisement de Fiumicello (filon de Vallone, filon Castellèse, Canaggio supérieur & inferieur, Sozio-Ovaca, Spelonche, Tufi Bianchi, Chioso, Revinta, Vanio) (2) gisement de San Martino (filon de Fossato, Valle alla Vena, Rota, Vetrice, Barrois de Serigny, Corbaïa, Monte Grosso, Alamo, Soprana-Sottana). Carte IGN 1/25000ème Cap Corse, 4347 OT; Carte géologique 1/50000ème Bastia                                

Aperçu historique :

A Meria, certainement, comme Ersa et Luri, la découverte d’antimoine fut établie à une période très ancienne. Les indices sont déjà indiqués dans le plan Terrier dès la fin du 18ème siècle. A cette époque comme dans toute la Corse, règne une ferveur pour la recherche et l’exploitation des minerais. Dans une correspondance en date du 2 juin 1857 avec le service des mines de Marseille, et se rapportant aux travaux de Meria, l'ingénieur Meissonnier fait remarquer « … que la présence de ce métal a permis à ce quartier où l'on trouve des indices et des vestiges d'anciennes exploitations » une reprise de l'activité vers le milieu du 19ème siècle.

En 1855, des notables de Brando et un habitant du village de Morsiglia ont l’approbation de l’administration préfectorale pour vendre le minerai extrait lors de leurs recherches au lieu-dit Pastina, près de la chapelle San Martino. En 1857, ils vendent 50 tonnes à Marseille. A la même époque un ouvrier mineur italien, fait la découverte d'un filon au lieu-dit Tufi-Bianchi. Le 10 mars 1858, d’autres demandeurs obtiennent le décret impérial leur attribuant la concession et, dès l'année suivante ils adressent à la préfecture une demande d'extension du périmètre, au lieu-dit Futanelle.

L’exploitation est régulière à San Martino jusqu'en 1869, ensuite on observera un ralentissement jusqu'en fin d’année 1877. Les différentes recherches sont jugées insuffisantes par les ingénieurs des mines malgré trois demandes de concession entre 1859, 1875 et 1890. En 1860 une permission de recherche est accordée au maire de Luri, qui sera aussi le futur concessionnaire de la mine de Luri-Castello. L’année 1878, la concession est reprise par une compagnie Britannique dirigé par un docteur anglais « Charles Galland », déjà exploitant de la mine d'antimoine d'Ersa. A sa mort, la même année, la mine est attribuée à son légataire, qui fonde en 1888, la « Société Corse des Antimoines » avec des banquiers et industriels bastiais.

L'activité de Méria est régulière depuis 1878, avec une forte production réalisée dans les dernières années du 19ème siècle. Entre 1890 et 1895, 80 à 100 tonnes de minerais sera extraits, chaque mois en majeure partie du site de Vallone par plus de 200 ouvriers. Progressivement le cours du métal baisse et on concentre les travaux à Vallone. Devant la reprise du cours de l’antimoine à partir de 1906, les travaux de San Martino reprennent, avec plus de cent ouvriers. La création en 1908 de la société anonyme des mines de Méria avec un capital de 3 000000 de francs marque un nouvel élan. Avec l'installation d'une laverie la mine sera modernisée, ce qui lui permettra de devenir plus performante. La même année, un rapport de l'ingénieur indique que le minerai de San Martino est expédié sans être enrichi mécaniquement, un simple triage à la main suffit pour l'enrichir à 50 % de stibine. Celui de Vallone est séparé de la pyrite et de la barytine par une laverie mécanique, qui comprend un concasseur à mâchoire, un moulin à meule verticale et deux tables Wilfley. Malgré certains progrès dans le domaine technique de séparation des minerais des complications viennent s’ajouter dans le processus de séparation entre la stibine et la barytine, car se sont des minéraux de densité identique, la laverie est abandonnée en 1910.

Une microcentrale électrique est installe en 1911, celle-ci est équipée d'une machine à vapeur demi fixe Wolff de 50 Cv et d'une génératrice Schneider délivrant du courant triphasé de 2 000 Volts. La situation se dégrade rapidement et l'assemblée générale, après lecture du rapport du conseil d'administration, décide le 8 juillet 1914 la mise en liquidation de la société. Au début du 20ème siècle, les rapports d'ingénieurs indiquent de nombreuses difficultés de fonctionnement entre les mineurs et la direction des mines d'antimoine du Cap Corse, car presque tous les ouvriers sont d'origine italienne et la plupart sont saisonniers.

Les trois concessions d'antimoine du Cap (Ersa, Luri et Meria) sont regroupées en 1926 par la "Société Minière du Cap Corse ", dont son siège social se trouve à Ivry (France) et un ingénieur responsable basé à Luri, parallèlement à son attribution de technicien il mène quelques recherches à Spergane entre 1927 et 1939.  Ensuite cette dernière société est mise en liquidation. En 1952 apparaît la Société d'Etudes et de Recherches pour l'Antimoine qui reprend les concessions du Cap à la société minière du Cap Corse. On envisage dès 1952 d'exploiter les filons de Belle Falchieri à Luri et San Martino à Meria avec 16 mineurs mais l'estimation des dépenses en matériel se monte à 7 millions, le projet est abandonné. En 1983 cette dernière société devient directement concessionnaire des mines d'antimoine du Cap, qui sert en définitive de réserve en écartant une concurrence nationale dans ces exploitations, mais sur le terrain sa politique se caractérise par un désengagement. Avec plus de 5 600 tonnes de métal extrait, la concession Meria est une des plus importantes mines de Corse. Sur les nombreux filons reconnus dans la commune, les deux qui ont connu une exploitation conséquente sont ceux de Vallone et San Martinu.

Description des travaux:

Type : Filon de quartz à sulfures Sb et minéraux connexes

L'exploitation minière est située au lieu-dit Vallone, de part et d'autre du ruisseau du même nom, ainsi et au lieu-dit San Martino.

Localisation Lambert 4 - Corse : Le gisement de Vallone « X : 579.100 ; Y 294.500 ; Z 200 & X : 578.100 ; Y : 293.900 ; Z : 300 », affleure parallèlement à la vallée du ruisseau de Meria, a 1 Km environ plus au Sud, a une altitude moyenne de 250m. Les affleurements sont accessible depuis la route en suivante le ruisseau de Fiumicello ou l’on rencontrera successivement les vestiges de la dernière usine et les entrées des trois travers-bancs. Ils auraient une longueur reconnue de 700 a 800 m tout au plus et dans lesquels la minéralisation semble être distribuée d’une manière moins lenticulaire qu’il n’est habituellement rencontré sur ce type de gisement.

Dans les différents comptes-rendus sur le gisement, de nombreuses controverses apparaissent concernant une certaine quantité de « colonnes minéralisées » mais leur nombre, la longueur de leur traversée ne sont pas toujours semblables selon les rapports. Ceci nous paraît significatif d'une répartition moins localisée, plus large de la minéralisation le long de la fracture.

Conformément aux documents d’archives, il y aurait 3 colonnes minéralisées : 1 colonne centrale de 90 m de traversée, 1 colonne Est de 80 m de traversée, 1 colonne Ouest de 20 m de traversée. Certaines études ont tenté de mentionner dans l’ensemble cette excellente description du remplissage filonien à Vallone. Dans une étude le minerai y est décrit comme étant plutôt concentré vers le toit, et non au mur.  Ceci souligne une fois de plus l'irrégularité de la position de la minéralisation dans ces filons  d’antimoine. Cette explication à la position tantôt au toit, parfois  au mur de la minéralisation. En effet les rapports cités sont datés l'un de 1880, l'autre de 1887. Dans le premier cas l'exploitation portait sur les niveaux supérieurs, dans le deuxième sur les niveaux moyens. Or il semble bien qu'il y ait inversion du pendage entre ces niveaux; la minéralisation n'avait donc pas changé de position, elle serait toujours vers le parement nord du filon. Suivant les différents rapports, les longueurs minéralisées seraient très diverses, selon les un, entre le niveau 6 & 5, la minéralisation se retrouve sur 150m, tandis qu’au niveau 3 coté Est, elle serait visible sur 300m, d’ailleurs elle est également identique sur le niveau 4 coté Est, et la hauteur est reconnue sur 200 à 250 m, dont 160 à l'aval du niveau du ravin.

(Le rapport Nentien en 1887)

Il mentionnait ceci : « Le filon de Vallone est encaissé dans des schistes qui, à toit, sont très argileux et contournés à l'infini, au mur, plus compacts et mieux stratifiés. Quant au filon il est formé  au contact du mur par un placage de stibine, compact, laminé, brillant et présentant des stries qui souvent sont infléchies de 30° vers l'Est. La puissance de ce parement varie de quelques millimètres à 3 ou 4 centimètres. La masse qui est au contact de ce parement est assez riche sur une épaisseur de 15 à 30 cm (exceptionnellement  largement plus, de 40 à 50) pour pouvoir être extrait et envoyer a l’atelier de triage. Le reste du filon au voisinage du toit est forme: d’une gangue argileuse verdâtre, quelquefois résistante, assez souvent décomposée, au milieu de laquelle on trouve ça et là des digitations plus ou moins importantes de la masse minérale. Il y à quelques géodes, a Vallone  le minerai est du Sb2 S3 avec des mouches de pyrite et un peu d'oxyde ».

(Rapport de M. L’Olivier 1880)

A Vallone le minerai est grenu et friable, rarement cristallisé, habituellement plus abondant dans la région du toit. Il forme des rognons empâtés dans une gangue grisâtre, argileuse, mélangée d'une roche verte magnésienne. Le toit est à parois lisses présentant des stries très nettes marquant un glissement. Le toit est tapissé de minerai et souvent on en trouve derrière des poches abondantes. Le mur est plus régulier. Parfois le minerai est accompagné de pyrite de fer. Voici en outre quelques remarques particulières recueillie à travers les témoignages des ingénieurs du Service des Mines : « Minerai assez pyriteux au niveau n°1 vers l’Est, niveau n°3 une veine de minerai massif tantôt au mur, parfois au toit, niveau N°4 : 5 à 6 cm de minerai massif au mur, 15 à 20 cm de minerai parfait au toit, niveau n° 8 & 9 un minerai bien pyriteux, niveau n°10, une forte proportion de pyrite et de barytine, niveau n° 11, stérile sur 150 m ».

 

Apparemment ce minerai est caractérisé par l'abondance de la pyrite et la présence de minéraux cuivreux.  Il existe une zone pyriteuse localisée à l'est du Travers banc sur une centaine de mètres aux niveaux 8, 9 et 10. Des échantillons ont été recueillis dans les haldes essentiellement à la sortie du travers banc « Orenga », proviennent donc probablement de niveaux inférieurs et doivent aussi représenter, puisqu'ils ont été abandonnés sur les haldes, un minerai de moins bonne qualité. Ceci ne rend probablement pas compte de la nature du minerai marchand de Vallone qui titrait 44% de Sb pour la 1ère qualité et 32% pour la 2ème qualité, et pratiquement sans impuretés. Ces Chiffres, pour une puissance moyenne utile de 0,15m dans les parties minéralisées, donnent un rendement au mètre carré d'environ 180 Kg de Sb. A signaler qu'à 100 m à l'Est du puits il y aurait une zone pyriteuse, renseignement infirmé par un autre rapport qui renseigne que le minerai est pur dans la zone Est.

Vallone sensu stricto : Les travaux de Vallone (quartier central) consistent essentiellement en 11 niveaux tracés dans le filon, desservis par 3 travers bancs et 1 puits intérieur principal.

1859-1860

Les premiers travaux qui eurent lieu en 1859 et 1860 avait attaqué l'affleurement du filon du coté Est du ravin de l’Acquatella (ou Fiumicello). 

3 galeries avaient été tracées à des différences de niveau d'environ 12 m. Seule la galerie supérieure débouchait au jour, les deux autres ayant été prises à partir de cheminées intérieures suivant la plus grande pente du filon.  Chaque galerie avait une longueur d'une vingtaine de mètres. La puissance du filon variait entre 0,06 et 0,10 m, le minerai était trop ferrugineux pour la vente et les travaux furent complètement abandonnés. Rien donc ne laissait espérer un développement fructueux des recherches dans  le filon de Vallone. Jusqu'en 1887 les dépilages se poursuivirent entre les  galeries 3 et 2, sur presque toute cette longueur (ce qui tenterait à prouver que la galerie n° 2 était beaucoup plus étendue), sauf dans certains secteurs pauvres correspondant en général à une diminution du pendage du filon. La galerie n°4 fut ouverte en 1883 à 14 m à l'aval de la galerie n° 3 auquel elle est relié par 5  puits distants de 30 m. Dès 1879 on avait commencé le creusement du travers banc Gianoni, dont l'entrée se situe à l'intersection des ravins de Vallone et de l'Acquatella. Long de 157 m ce travers-banc atteint la galerie du niveau n° 3 en 1887. La galerie n° 4 à un développement total de 750 dont 550 à l'Est du travers-banc Gianoni et 200 à l'Ouest. Les dépilages entre la galerie n° 3 et la galerie n° 4 étaient terminés en 1892. La galerie n°5 fut ouverte en 1887, à 16 m à l'aval de la galerie n° 4 auquel elle est relié par le puits dit n° 6 (à 150 m à l'est du travers-banc Gianoni). Elle atteint 302 m dont 30 à l'Ouest du puits n° 6 et 270 à l'Est. La galerie n° 6 fut ouverte en 1890 à 21 m à l'aval de la galerie n° 5 auquel elle est reliée par le puits n° 7 (à 25 m à, l’Ouest du puits n° 6). Il atteint un développement total de 300 m au minimum, et probablement 400, dont 80 m vers l'Ouest et 220 à 350 vers l'Est. Les dépilages entre niveau n° 6 et niveau n° 5 étaient achevés en 1893.

1878-1893

En 1878 les travaux sont repris à Vallone.  Jusqu'en 1893 on ouvrira 7 niveaux (dont les 2 premiers sont probablement  les mêmes niveaux que ceux existants en 1860) La galerie n°1, débouchant au jour à flanc de coteau, la n°2 à -15 m, relié a la n° 1 par une cheminée, la n° 3 à-20 m (par rapport  a la n° 2) relié a la n° 2 par un puits descenderie et enfin relié au jour par le travers banc du ravin (60 m). La galerie n° 2 a été aussi reliée au jour. On créa aussi une galerie n° 2 bis (entre 2 et 3) également relié au jour. Nous connaissons mal l'extension vers l'est des galeries  1, 2 et 2 bis. La galerie n° 2 fut poussée à 70m vers l'est dans du minerai assez pyriteux. D'après un plan il semble que les galeries 1 et 2 aient été poussés à au moins 150 m vers l'est. Les dépilages entre ces deux niveaux se poursuivaient encore en 1887. La galerie n° 3 a été reliée au jour à partir de 1883 par le travers-banc du ravin, long de 34m et qui débouche dans une galerie Est Ouest. Vers l'est un éboulement, vers l'ouest un orifice de puits. Au toit de la galerie le filon est bien visible avec une puissance variable pouvant atteindre 0,50m et comportant 2 veinules de minerai de 2 à 3 cm chacune. D'après les plans la galerie n° 3 aurait un développement vers l'Est de 430m.

1893-1911

En janvier 1893 on acheva le percement du grand travers banc: d'Orenga, commencé en 1889, qui constituait dès lors l'ouvrage essentiel de la mine. A son extrémité interne un bure de 90m  allait desservir les niveaux inférieurs. Ce travers banc débouche dans un vallon annexe du grand ravin de Fiumicello à 250 m environ de la route. A sa sortie étaient installées la machinerie et une laverie mécaniques. Long de 432m il rejoint la galerie n° 7 qui avait déjà été ouverte à partir de la galerie n° 6, à 30m en aval de ce dernier. La galerie n° 7 à un développement total de 853m dont 500 vers l'Est et 353 vers l'Ouest. A 400 m à l'Est du travers banc on avait rencontré un filon croiseur qui fut suivi sans succès.  La galerie n°8 fut ouverte en 1895, à 20 m à l'aval de la galerie n°7 : elle a un développement total de 520 n, dont 400 vers l'Est et 120m vers l'Ouest. Les dépilages entre les niveaux 8 et 7 étaient achevés en 1905. La galerie n°9 a été ouvert en 1904. Elle a un développement total d'au moins 485 m, dont 335 vers l'Est et 150 vers l'Ouest. La galerie n° 10 a été ouverte à 20 m à l'aval du niveau n° 9. Il n’y a aucune indication précise sur son extension (au moins 50 m). Elle a été dépilée entre janvier et mars 1910. La galerie n°11 a été ouverte en 1911 à 20 m à l’aval de la galerie n° 10. Elle atteignait un développement de 150m.

 

2) - VALLONE OUEST OU SPELLONCHE

 

Dès 1859, en même temps que s'ouvraient les premiers travaux de Vallone, on exécutait des recherches sur ce qui peut être considéré comme la prolongation Ouest du filon de Vallone, sur le flanc oriental de la colline de Spellonche.

En 1860 ces travaux consistaient en quelques galeries du coté d’E Spellonche, il y a 3 galeries à l'ouest du ruisseau d’E Spellonche. La galerie inférieure avait environ 60 m de longueur à son extrémité une cheminée de 15 m de hauteur, arrêtée par le manque d'air, devait rejoindre, suivant la pente à peu près verticale, le niveau supérieure. 8/10ème de ce travail, ont coûté 18F le m en 1859. Le filon, souvent tracé seulement, n'a jamais dépassé 0,04 de minerai ferrugineux. L'attaque supérieure Consiste en une galerie prise à 35 m plus haut, ayant 15 m de longueur dont les 8 premiers sont éboulés, au commencement de laquelle une descenderie de 7 à 8 m, correspond à une autre galerie noyée, évalué à 20 m par le maître- mineur, et dans laquelle le filon n'avait plus que 0,03 à 0,04, après avoir atteint 0,25 à 0,30 m dans la galerie supérieure et dans La descenderie. Ces travaux ont fourni 10 t de minerai. « En septembre on a commencé une galerie Intermédiaire qui n'a pas fourni de minerai" (rapport 1860) ». De fin 1878, une galerie fut ouverte (ou ré ouverte) sur le prolongement ouest du filon de Vallone, dans la direction N 95° W. Elle avait 95 m de longueur et devait recouper le filon de Fossato 50 m plus loin. A partir de l'ouverture de la galerie on a suivis deux veines variant de 0,03 à 0,10 m de puissance contenant un mélange de sulfure et d'oxyde. A 45 m elles se sont réunies pour former une seule veine suivant le toit du filon. L'inclinaison du filon, d'abord légèrement Sud est à l'avancement de 80° vers le nord ; on continue cette galerie quoique la veine métallifère semble s'amincir à mesure que l'on s'approche de Fossato (1880). Nous pensons que cette galerie est la même que la galerie inférieure ouverte en 1859. Tous  ces travaux constituent ce que l'on pourrait appeler "Spellonche amont. Par ailleurs les travaux intérieurs de Vallone sont allés reconnaître, au moins  partiellement, l'aval des travaux Spellonche. Le niveau n° 4 (niveau du travers-banc Gianoni) et le niveau n° 5 (niveau du travers-banc Orenga) ont été poursuivis vers l'ouest dans cette idées, et, par une série de puits intérieurs (puits no 8, n° 9 et n° 10) ils desservent 3 autres niveaux : galeries n°5 Ouest, galerie n° 6 Ouest et galerie n°8 Ouest ; tous de peu de développement : 20 à 50 m au maximum. Au titre des recherches Ouest, on doit mentionner encore quelques petites galeries ouvertes sur le flanc Ouest du ruisseau de Vallone vers 1880.

3) – VALLONE EST

La galerie Bocalina fut ouverte à l'aplomb de l'extrémité Est des travaux souterrains de Vallone à une époque non précisée. Cette galerie devait atteindre 100 à 120 m et rejoindre par une descenderie les travaux de Vallone. Etait-ce une galerie de recherche ou une galerie d'aération ? Au total les travaux effectuées sur le filon de Vallone ou ses prolongations immédiates représente environs 5000m de galeries, 700 m de travers banc et 300m de puits.

Production :

Une estimation de la production totale de l’ensemble de la concession minière de Meria entre 1858 et 1913 à partir de statistiques de l’industrie minérale des rapports de services des mines et du rapport Nentien, et autres documents de l’époque.

Années

Tonnage minerai

Années

Tonnage minerai

Années

Tonnage minerai

Années

Tonnage minerai

1858/64

600

1887

110

1898

410

1909

220

1877

10

1888

480

1899

510

1910

330

1878

230

1889

780

1900

530

1911

0

1879

200

1890

1020

1901

490

1912

0

1880

340

1891

1080

1902

660

1913

25

1881

220

1892

1000

1903

130

 

 

1882

170

1893

1200

1904

130

 

 

1883

200

1894

240

1905

0

 

 

1884

370

1895

360

1906

290

 

 

1885

460

1896

480

1907

260

 

 

1886

20

1897

360

1908

0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui l’ensemble des travaux de Vallone, sont noyés, éboulés partiellement ou en totalité, seul, quelques petits travers-bancs peuvent êtres accessibles, mais avec la plus grande prudence, car les boisages, doivent êtres pourris, le travers banc Orenga, pourrait être visitable, mais il est en partie noyé, le Gianoni quand a lui est éboulé a l’entrée. Ils se composèrent de onze niveaux de galeries tracés dans le filon, desservis par trois travers-bancs et un puits intérieur. Les directeurs des mines de Meria et Ersa, achètent une machine à vapeur de 6 chevaux pour les travaux de Fossato. En 1899 une machine à vapeur et sa chaudière sont installées à Meria par la Société des Antimoines de Meria. Au début du 20ème siècle, on installe sur le ruisseau de Vallone une machinerie pour le pompage des eaux et une laverie mécanique à 250 mètres au-dessus de la route départementale 35, Il ne reste que peu de vestiges de ces installations. En revanche, d'importantes haldes de chaque côté du ruisseau témoignent de l'importante des travaux. Le départ du rail qui menait en contrebas au magasin situé sur le bord de la route. C'est durant la même période d’activité qu'on procède à deux installations le long de la route départementale 35. Une construction rectangulaire deux petits abris en schiste et couverture en tuile creuse, un bassin et quelques morceaux de fer qui faisaient partie de la laverie et d'un magasin à minerai relié par un rail à la laverie mécanique, située quelques 300 mètres au-dessus, et de la maison du directeur. Ces deux constructions ont été longtemps en place, elles ont été détruites récemment pour sécuriser le site (sic..). Le magasin de plan rectangulaire, se compose d'un sous-sol couvert en brique rouge et d'un rez-de-chaussée surélevé qui devait servir de bureau, on a utilisé dans la maçonnerie des poutres en fonte. La maison du directeur, de plan carré, possède un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé et une mansarde aménagée.

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 18:56

Situation géographique :

Mines et recherches d’antimoine (stibine) (1838-1909), département de Haute-Corse (2B). Cette concession minière d’une superficie de 222 hectares environs et s’étend sur le territoire de la commune d’Ersa, elle a été institué par le décret du 9 aout 1851. Accès : On atteint l'ancienne exploitation minière d'antimoine en venant de Macinaggio ou bien de Centuri par la route « dite » de la Giraglia. Cette route fait le tour du Cap Corse. La mine se trouve sur le territoire de la commune d'Ersa, à 32 kilomètres au Nord de Bastia. On peut accéder aux anciennes installations à partir du village de Granaggiolo. Proche du gisement de Castagnone se trouve l’église Sant'Andréa. Carte IGN 1/25000ème Cap Corse 4347 OT ; Carte Géologique 1/50000ème Bastia              

Aperçu historique :

Avec le 19ème siècle et développement industriel naissant de nombreux minerais seront utilisés, l’antimoine étant un élément nécessaire, la recherche s’étendra d’une manière beaucoup plus importante afin de découvrir les meilleurs filons.

Il semblerait, conformément a la tradition orale que le gisement d’antimoine d’Ersa serait un des plus anciens cité dans le Cap Corse. Ce minéral était déjà signalé par les gens de la région, qui s’en servait à faire du troc. Un ingénieur Français prospectant dans le pays en 1771 affirme avoir découvert une minéralisation près du village de Granaggiolo. A une époque plus récente les premiers indices de stibine auraient été redécouverts vers 1835, à cette date, les principaux travaux de recherches furent entrepris dans le secteur de Castagnone. Lors d’une visite en Corse en 1820, l’ingénieur des mines Gueymard déclare avoir vu de nombreux travaux ainsi que la présence de 5 puits à Castagnone et Granaggiolo. A partir de l’année 1838, des travaux de recherches sont réalisés à proximité des concessionnaires, dans les quartiers de Granaggiolo, Sainte-Marie et Castagnone. Durant cette période de recherches, entre 1838 et 1851, près de 800 tonnes de minerai d'une richesse moyenne de 50% sont extraites et vendues à Marseille. Le manque de moyen et une dissension entre concessionnaires réduisent les travaux à une petite exploitation qui sera même arrêtée pendant plus de 15 ans. A partir de 1857, une seule personne devient concessionnaire de la mine. Jusqu'en 1863, une exploitation à Sainte-Marie et Granaggiolo permet de produire environ 600 tonnes. En 1878 c'est une société anglaise, qui reprend les travaux après une entente avec le concessionnaire. En 1889, la concession est amodiée à la Société d'exploitation des Mines d'Ersa, dont les actionnaires sont des notables bastiais que l'on retrouve également à Meria. La mine d'Ersa connaît une exploitation discontinue en fonction fluctuation boursière de l’antimoine. Elle est effective durant les années : 1880-1884, 1893-1902, 1908, 1911,1915-1918. Elle ferme définitivement en 1919.

Description des travaux :

Type : Filon de quartz à sulfures Sb et minéraux connexes

La mine d'Ersa se compose de deux filons de directions divergentes.

Localisation Lambert 4 - Corse : Le gite de Guadicello (filon Sainte Marie) « X : 0574.05 - Y : 4299.800 – Z 280 » serait orienté N 60° O.

Localisation Lambert 4 - Corse : Le gisement de Granaggiolo (Filon de Castagnone) « X : 0574.600 – Y : 4299.800 – Z 180 », ainsi que plusieurs traçages de grattages et points d'attaques sur plusieurs affleurements. Les galeries et puits sont, pour la partie reconnue, foudroyés ou écroulés et donc inaccessibles.

Le gisement de Granaggiolo ou Castagnone (filon de), situé à 150 mètres à l'Ouest des maisons de Granaggiolo présente une puissance de minéralisation de plus d'un mètre, exempt d'impuretés. Selon les enquêtes effectuées par les ingénieurs des a l’époque la stibine serait d’une qualité exceptionnelle, et s’élèverait à 50 % ce qui en fait un minerai très riche.

Mais son exploitation dans le quartz est malaisé, un filon guère étendu et l’arrivée d'eau importante, rend difficile l'extraction. En 1884, un ingénieur des mines visitant le site constatait que l'exploitation se faisait par deux puits, un de 10 mètres dit "Giuria" (qui sera poussé au siècle suivant à 30 mètres), et un autre de 44 mètres et 3 mètres de côté, dit "Castagnone", desservent par des travers-bancs 3 niveaux de galeries orientées Nord/Ouest. Le dépouillement du gîte se faisait par la méthode en gradins droits. L'exploitation connaissait des problèmes d'eau envahissant les chantiers des deuxième et troisième étages. Devant la faiblesse des moyens d'assèchement, les responsables projetaient d’implanter une machinerie à vapeur adéquat à faire fonctionner un jeu de pompes capables d'absorber 10 000 à 15 000 litres d'eau à l’heure. Les vestiges du bâtiment ou se trouvait les machineries se contemple en contrebas de la petite route menant à l'église Sant’Andréa, celui-ci étant en plan rectangulaire, d'environ 24m par 8m, apparemment l'édifice a été construit en plusieurs étapes. Il est longé au Nord par une galerie de roulage.

Le filon de Guadicello se trouve à quelques mètres à l'Ouest du précédent et s'organise en deux secteurs : le gisement Galland et un peu plus à l'Ouest celui de Sainte-Marie. Le gisement Galland: les travaux se composent de deux niveaux, le premier niveau un travers-banc de 630 mètres de long et un puits d'extraction dit « Galland » de 67 mètres ouvrent au jour et communiquent avec cinq niveaux de galeries d'une longueur totale de 2200 mètres. Au deuxième niveau une galerie rejoint à l'Est le puits Giuria et les anciens travaux de Castagnone. En 1881 et 1883, Galland et Duranteau font installer deux machines à vapeur à Ersa de 3 et 5 chevaux.

Gisement Sainte-Marie : le filon apparaît dans le fossé de la route qui va de Granaggiolo à Barcaggio, au-dessus de la chapelle Sainte-Marie. On rencontre quatre galeries qui débouchent à flanc de coteau d'une longueur totale d'environ 800 mètres de profondeur. Ces travaux avaient été réalisés par les premiers concessionnaires jusqu'en 1863 et auraient produit environ 30 tonnes de minerai à 50 %. D'autres sites ont fait l'objet de recherches, notamment le filon dit Saint-André entre 1885-1886 avec le fonçage d'un puits de 10 mètres de longueur, ainsi qu’un travers-banc de 13 mètres et deux galeries de 85 et 23 mètres.

Le filon dit « Fioracce » se trouve face à l'église de Granaggiolo. En 1893, les concessionnaires remarquent des travaux anciens et décident d'ouvrir un travers-banc de 70 mètres de long qui recoupe quatre filonnets. Ces recherches permettent d'extraire environ 200 kg de minerai.

La production totale de l'ensemble des travaux de recherches et d’exploitation de la mine d'Ersa est estimée à 4000 tonnes de minerai à 50 %. L’exploitation de la mine cesse en 1901 et la concession est finalement suspendue en 1920

Minéraux :

A : Stibine - Calcite –

AF : Stibiconite – Arsenopyrite

F : Quartz- Calcédoine

PF : Cinabre

R : Berthierite

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 12:39

Le site d'exploitation est situé sur les communes de Canari et d'Ogliastro sur la côte Ouest du Cap Corse, localisée à peu près à mi-chemin entre Albo et Canari, à 16,5 km environ au nord de Nonza et au bord du golfe de St Florent.
On accède à l’ancienne carrière de Canari par la RD 80 qui fait le tour du Cap Corse.
Pour visiter les carrières, juste après le village d’Albo, il faut au contraire emprunter une piste en très mauvais état et qui s’embranche à droite en direction de la zone d’exploitation. Elle s'élève en lacets au-dessus de la RD 80, et permet d'accéder à l'ancienne poudrière et aux gradins supérieurs de l'exploitation. Un panorama grandiose apparaît en s’élevant vers le haut de la carrière.
La carrière d'amiante et une usine de préparation de produit minéral (chrysotile), (1927-1965) se trouvent sur le département de Haute-Corse (2B).

 

Aperçu historique :

L'utilisation de l'amiante est archaïque en Corse, comme en témoignent les nombreuses poteries, et ustensiles de cuisson que l’on peut observer dans certains Musées de Corse, et des tessons à base d'amiante retrouvés dans des fouilles archéologiques du bas Moyen Age. La mise en valeur industrielle de cette substance est sera active au milieu du 19ème siècle. Un article intitulé "Une excursion à la montagne d'amiante en Corse" rédigé par l'ingénieur Hippolyte Ferry et publié dans le Journal des mines en 1878. A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, les prospections dans toute la Corse schisteuse se multiplient et de nombreuses carrières sont mises en activité. Au début du 20ème siècle, une étude faite par le minéralogiste Orcel détaille quelques sites d'exploitation en Corse. Concernant le site de Canari, c'est en 1898 qu’un forgeron à Canari, découvre un filon d'amiante qui parait assez important. Pendant plusieurs années il fait du "troc" avec de nombreuses personnes pour obtenir du charbon de forge. En 1925, le géologue Henri Eggenberger, mandaté par la société française Eternit « pour étudier les gisements insulaires », Il prospecte de nombreux sites, mais c'est le gisement de Canari qui attire son attention. Il sollicite l'autorisation d'extraire des roches sur les communes de Nonza et d'Olmeta, afin de « déterminer la qualité et la zone ou pourrait s’installer l'exploitation ». Ce n'est qu'après de nombreuses analyses dans les laboratoires continentaux et après des études comparées avec les fibres de divers gisements mondiaux, dont ceux du Canada, que l'exploitation de la carrière passera du stade artisanal à une échelle industrielle. Les premiers essais débutent en 1927 avec la construction d'une petite usine pilote (employant 30 personnes) qui produit 146 tonnes d'amiante en 1929. L'atelier est arrêté en octobre 1930. Malgré l'arrêt, la société Eternit se réserve, auprès de la municipalité, la concession du gisement de Canari.
Au moment de la déclaration de guerre la société Eternit reprend l'exploitation et construit une seconde usine pilote en 1941. Pendant l’occupation Italienne en 1943 l’ activité continue, celle-ci sera alors exploitée par l’armée transalpine jusqu'en septembre 1943, date de la libération de la Corse. En 1945 la Société Minière de l'Amiante est constituée par quelques-unes des principales sociétés consommatrices d'amiante. Cette initiative allait permettre au pays de s'affranchir d'une partie de ses besoins importés du Canada.
  Grenat Grossulaire var. Uvarovite (grossulaire chromifère)

On estimait en 1949 les besoins français en amiante à 30 000 tonnes par an, avec des perspectives croissantes. L'usine de Canari devait permettre de couvrir 20 % de ces besoins et près de 50% après son installation complète. En 1954, un peu plus d'un million et demi de tonnes d'amiantes sont extraits dans le monde, dont plus de 900 000 tonnes par le Canada, 500000 à part égale par la Russie et l'Amérique du Sud, 50 000 tonnes par les Etats-Unis, 30 000 par l'Italie et 12 000 par la France provenant essentiellement du gisement du Cap Corse. A Canari, la mise en chantier de la première partie de l'usine dite 6 000 tonnes est commencée en mars 1948, la mise en service intervient en juin 1949, puis débute la deuxième tranche de travaux permettant de doubler les capacités de l'établissement. Les analyses en laboratoire révèlent une teneur moyenne en amiante estimé à 3 %. Le minéral se présente sous la forme de fibres blanchies verdâtres ou blanches, appelée amiante de serpentine ou chrysotile, car encaissée dans de la roche serpentineuse. Au début des années 1950 près de 170 hommes travaillent à la mine et à l'usine de Canari dont: 34 à l'extraction, 8 au broyage, 57 au traitement, 60 aux services généraux et Il aux bureaux de direction. Avec l'augmentation de la production, ils seront près de 300 dans les années 1950. La production d'environ 6 000 tonnes au début des années 1950, progresse rapidement jusqu'à 12 000 tonnes en 1954, après l'installation de la deuxième partie de l'usine, puis plus de 18 000 tonnes en 1958 et près de 30 000 tonnes en 1961. A ces chiffres il convient d'ajouter les 3 à 6 000 tonnes de poudres et de fibrettes commercialisées pour des produits dérivés. A partir de 1963, le problème de la pollution est soulevé: employés malades, poussières importantes dans les environs immédiats de l'usine, dégradation environnementale. A cela s'ajoutait l'épuisement du gisement. La viabilité de l'exploitation nécessitait la mise en valeur du gisement d'Olmeta du Cap Corse, ce qui demandait un important investissement. Il fallait mettre en place un chemin de fer pour ouvrir le gisement d'Olmeta du Cap Corse, et réaliser d'importants travaux pour mettre l'usine en conformité avec la nouvelle législation. Pour réaliser ces objectifs, le conseil d'administration demande une participation de l'Etat à hauteur de 600 000 F, qui sera refusée. Par ailleurs, la baisse du cours de la fibre, entraîne la décision d'une fermeture, elle à lieu le 12 juin 1965 à 10 heures.

 

Description des travaux : 

 

Localisation : Le site Canari est implanté sur un versant orienté Ouest à fort déniveler, la carrière « X: 571,200-Y : 4282,300; Z : 280 » et les installations s'étalent entre 60 et 500 m d'altitude sur un versant très incliné (30 à 40 degrés) de la route départementale 80 et de la mer Méditerranée, (Lieu-dit Margaritaiu) La partie haute de l'exploitation est occupée par la carrière. Le site est constitué de deux cratères d'exploitation d'une centaine de mètres de diamètre à ciel ouvert formant un vaste amphithéâtre composé d'une dizaine de gradin en étages, un procédé d'exploitation appelé "Glory Hole").
Le procédé d'extraction adopté à Canari est peu fréquent en France, c’est une technique d’exploitation utilisée dans la mine d’amiante de Balangero en Italie et à Asbestos, Québec (Canada) et il semble utile de le signaler.L'exploitation de l’amas serpentineux s'est développée sur le versant d'un massif complexe ou cohabites, « rodingites, serpentines, euphotides », celui-ci très escarpées et descend jusqu'à la mer. La carrière est étagée en gradins horizontaux qui ressemble a une pyramide Aztèque, ils étaient entaillés sur 2,5 m de largeur et 4 m de hauteur, lorsque débuta l’exploitation. Les dimensions des gradins furent agrandis (6mX15m) afin de permettre le passage d’engins plus volumineux. C'est sur ces gradins que se pratiquait l'abattage du minerai à l'explosif. A la partie inférieure de la carrière s'ouvrent côte à côte deux cônes où les gradins circulaires et emboîtés continuent à s'étager, en se rétrécissant en profondeur : ce sont les entonnoirs d'extraction, qui sont distants de 120 m à leur partie la plus basse. Dans leur prolongement s'enfoncent, à la cote 270, deux puits inclinés à -45° qui arrivent à la cote 155 dans une galerie de roulage de 650 m qui débouche à la partie supérieure de l'usine de traitement. Les matériaux étaient alors concassés puis acheminés jusqu'à un silo de stockage situé en amont de l'usine de traitement. Les stériles étaient directement évacués à la mer par un convoyeur passant sous la route départementale. Dans la carrière, perforatrices à air comprimé et wagon drill étaient utilisé pour l’abattage. La roche était dégagée des gradins par des engins Traxcavator Caterpillar et par une pelle mécanique. Les produits étaient ensuite basculés au fond des deux cratères ayant une section de 4m x4m et de 120m de haut, qui communiquent entres eux grâce à des galeries de roulage aboutissant à la cote 155, et à un quai où les blocs étaient chargés dans des wagons d’une capacité de 7 m3. Le chargement s'effectuait au moyen d'un dispositif automatique à air comprimé.
La section
de la voie de roulage est de 3 x 3,40 m. La traction des wagons, à voie normale, était assurée par des motrices Diesel. A cette hauteur un poste de transformation électrique qui était alimenté par une ligne de 30000 Volts amenant le courant depuis une centrale thermique dans la région de Bastia et qui fournissent les 250 moteurs (puissance de 2000 kW), et les deux galeries de roulage circulaires équipées de rails qui permettaient d'acheminer la roche vers les concasseurs. La ou se trouve l'usine de traitement les bâtiments sont imposants, ils occupent une zone totalisant environ 4500m². Accolé dans sa partie haute ou se trouve le silo 10000 tonnes, surplombé par le poste de concassage. Elle fut construite en béton armé etétagés depuis la cote 155 jusqu'à la cote 66 où passe la route départementale 80. Elle laisse dans son voisinage une traînée abrupte de rejets qui tombe dans la mer en contrebas, ils ne passent pas inaperçus, dans le paysage méditerranéen qui les entoure. La section de broyage comprend un concasseur primaire de 150 t à mâchoires, de marque Dragon, suivi de deux chaînes de concasseurs giratoires secondaires et tertiaires. Certaines pièces du concasseur Dragon pèsent 35 t ! Le minerai, calibré sur des tamis en fragments n'excédant pas 30 mm, passait ensuite dans un silo de stockage qui constituait, en cas d'avarie survenant aux broyeurs, un volant de réserves pouvant alimenter l'usine pendant une semaine. Du silo, le minerai passait ensuite dans deux fours rotatifs de séchage longs chacun de 12 m et d'un diamètre de 2,5 m pour l'un et de 2 m pour l'autre. Ils traitaient ensemble 60 t/h. A la sortie des fours le minerai passait sur des "tables canadiennes" où s'opérait le tri des fragments d'amiante : le procédé comprenait trois étages de cribles ventilés, soufflés, où l'amiante était soustraite par aspiration. Des Jumbos à axe horizontal assuraient des concassages complémentaires. L'amiante était ensuite nettoyé dans des bluteries rotatives mises sous dépression, et épuré sur des tamis vibrants, puis ensaché en sacs et transporté par camions sur Bastia.
Les dépôts de l’exploitation sont constitués de débris de composition variable du aux diverses périodes de l'exploitation (terres de découverte, produits stériles, minerai concassé non traité, rebuts amiantifères non commercialisables, résidus de traitement). En bordure de la RD 80 le bâtiment principal qui sert en partie d'appui au cône nord et quelques ouvrages connexes présentent des signes importants d'instabilité. Le tout est étalé à flanc de montagne, en bordure de mer sur un axe N-S subparallèle à la côte et pour une dénivelée totale de 460 m. La carrière de Canari a été exploitée industriellement de 1941 à 1965 puis laissée quasiment à l'abandon depuis. L'étude du BRGM réalisée en 1977 évalue la production totale du site de Canari à environ 300000 tonnes de fibres extraites entre 1947 et 1965.

Minéraux :

La zone a rodingite a permit depuis des décennies aux minéralogistes de faire des recherches et d’y découvrir une diversité et un nombre incroyable d’espèces minérales, dont certaines jamais identifiés dans notre pays, ce qui fait de Canari un site très important pour la minéralogie de la Corse. La Corse qui malheureusement est pauvre en minéraux rares, personnellement j’ai pu découvrir plus d’une vingtaine de minéraux différents, il serait dommage pour la science et la Corse, que l’accès aux sites minéralogiques soit interdit (secteur  a rodingite de la carrière).

Actinote, Albite, Apatite, Aragonite, Awaruite, Calcite, Chlorite, Clinochlore, Clinozoïsite, Diopside, Epidote, Grossulaire, Gypse, Magnétite, Pentlandite, Préhnite, Pyrite, Titanite, Trémolite, Uvarovite (var. de Grossulaire chromifère), Vésuvianite, Wollastonite, Zoïsite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clinozoïsite sur  Albite

 

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 09:55

Pietra ou petraquadrata « Magnétite » Fe Fe2 O4 CUBIQUE


Mine abandonnée

 

Commune de Farinole, département de Haute-Corse (2B), mines de fer (magnétite), (1845 1856).

Type: Filon de serpentine 

(1) gisement d’Olmeta di Capu Corsu (Filon de Ferlaggio)

(2) gisement de Farinole (Filons de Castelluccio et a ferrera)

Minéralisation: Fe,   

 

Situation géographique et localisation :

 

 

Accès: (Cf. Carte Cap Corse)

On accède à l’ancienne mine de Farinole a partir de Saint Florent (10 km), et de Bastia (25 km), à la sortie de Patrimonio, prendre la route nationale de Nonza a Centuri. A l’ambada, tourner à droite, vers Farinole - Braccolaccia l’ancienne mine de fer se trouve sur le versant Sud de Monte Pruno et près du ravin San Ghiacinto, pour y parvenir il faut prendre le sentier qui part du lavoir de Braccolaccia en direction du Nord-Ouest pour arriver au niveau d’une ligne électrique, puis remonter en suivant le long de la crête jusqu’a la falaise ou se trouve en contre bas les déblais de la mine  et quelques galeries encore accessibles « environ ¾ heures de marche ».

Carte IGN 1/25000ème, Cap Corse 4347 OT.

Carte géologique 1/50 000
-  Lieu-dit : Ferlaggio, (versant Olmeta di Capu Corsu).
-  Lieux dits : Castelluccio, a Ferrera (versant Farinole)


Un petit aperçu historique :

 

 

La première évocation concernant la mine de Farinole apparaît dans un ouvrage rédigé au 16ème siècle par Monseigneur Agostino Giustiniani.

Les mines sont alors exploitées et semblent réputées pour la qualité de leur minerai. La documentation écrite devient importante dès le début du 17ème siècle.

De nombreuses personnalités Génoise à tour de rôle on acquit, exploité et abandonnée la mine pendant deux siècles. Il s'ensuit une longue période où Gênes semble se désintéresser de la mine, il faudra attendre la fin du 18ème siècle pour retrouver de nouvelles mentions de celle-ci, notamment dans le plan Terrier: la mine de Farinole est abandonnée.

Vers la fin du 18ème siècle, un négociant de Bastia, fait rétablir l'ancienne forge de Rutali, approvisionnée par le minerai de Farinole et d'Olmeta du Cap Corse. L'entreprise est également de courte durée. En 1802, deux autres personnes résidant dans la région de Bastia veulent exploiter les mines de fer de Farinole et d'Olmeta. Ils envisagent d'employer des étrangers, mais l’entreprise ne dure que très peu de temps.

Le 15 décembre 1827, un ajaccien, demande alors l’attribution d’une concession des mines de Farinole et d'Olmeta du Cap Corse.

En 1839, une même démarche est faite par une société du continent la Société "Bertodano-Parsent et Cie" est créée le 29 avril 1840. Elle devient, en 1844, la société Bertodano-Lauthier et Cie. Elle est dissoute le 7 janvier 1847. Le 27 juin 1849, Philippe-Guillaume Regnacq, déjà associé de Bertodano, reprend la concession des mines de Farinole et d'Olmeta, après avoir fondé une société d'exploitation avec Benigni.

En 1871, la Compagnie Marine projette d'exploiter les mines de Farinole. A cette fin, le maître de forge et directeur de l'usine de Toga, De La Rochette, visite le site. Des essais de réduction sont réalisés dans les hauts-fourneaux de Toga, mais le rapport établi par De La Rochette conclu à un coût d'exploitation trop important de la mine, la société se retourne sur la mine de Saint Léon en Sardaigne. Entre septembre 1903 et décembre 1904, Maître Mingalon amodiait la concession à Maître Cromarias qui, avec l'aide d'un groupe de financiers nommé "Syndicat des mines d'Olmeta", fait effectuer des travaux de recherche entre septembre 1903 et décembre 1904. En 1910 et 1911 un regain d'intérêt motive des rapports de terrain de l'ingénieur des mines Matthieu. Enfin, entre 1926 et 1929, divers ingénieurs s'intéressent à la mine de Farinole, mais aucune suite n'est donnée à l'exploitation.

 
Description des travaux:

 

Les travaux de la mine de Farinole ont été entrepris à partir de lentilles de magnétite, intercalées dans les serpentines laminées et correspondants parfois avec la formation. Ces serpentines forment des massifs importants dans cette région du Cap Corse, d’ailleurs, c'est dans l'un d'eux ou se trouve l’ancienne carrière d'amiante de Canari. Concernant Farinole, de nombreux sites d'extractions ont été repérés sur le terrain. Les travaux essentiels sont établis sur les deux versants du Piano di Fiume aux lieux-dits Ferlaggio et Castelluccio.

 

a)   Travaux versant Nord dit « coté Olmeta di Capu Corsu » au lieu dit Ferlaggio

 

Sur les escarpements du monte Pruno, rive droite du Piano di Fiume, un peu plus bas que San Jacintu, près du ravin il existe trois fouilles. D’après un rapport minier datant de l’année 1910 on a la côte 260, un gradin sur lequel s’amorce une descenderie de trente mètres de longueur environ, soutenue à son entrée par un pilier, une galerie de roulage où l'on observe toujours en place les traverses des rails des chiens de mine, d'un puits vertical avec un treuil à bras à sa tête, dirigé Nord/Ouest–Sud/Est, fait pour reconnaitre un banc de minerai interstratifié de 10 à 30 cm de puissance et à pendage 30° Nord. Une seconde galerie, en contrebas. On retrouve sur place un treuil à bras, des fragments de rails métalliques et de leurs traverses en bois. Devant les entrées des galeries, sur le carreau de mine, il existe toujours un bâtiment rectangulaire en pierre jointe à la glaise de 8,55 mètres de long pour 5 mètres de large. Celui-ci, à état de ruine, mais toujours en élévation, comprenait deux pièces séparées par une cloison et plusieurs ouvertures (fenêtres et portes). En contrebas, au Nord, un bâtiment de faibles dimensions (3,40 m. par 2,70) constitué de murs épais et recouvert de tuileau était vraisemblablement une poudrière.

Au pied du mont San Jacintu, à la côte 350, un puits carré avec des déblais minéralisés.


A la côte 430, une excavation de 12 mètres de longueur et de 6 mètres largeur, dirigée Nord-Nord/Est et ayant suivi a l’entrée une lentille de minerai à pendage 45° Nord-Nord/Est (la serpentine ayant le même pendage) et d’une puissance de 20 à 25 centimètres.

  

b)   Travaux versant Sud dit « coté de Farinole » aux lieux dits Castelluccio et a ferrera

 

         Les vestiges de la mine se limitent à un petit bâtiment d'une superficie de 12 mètres carrés constitués d'un mur de pierre liée à l'argile, d'une galerie de 12 mètres de longueur et d'un four de grillage, exemple unique en Corse dans cet état de conservation: il s'agit d'une structure circulaire en forme de cône renversé et en élévation, implantée à flanc de colline, qui comprend une surface intérieure au sol d'environ 1,5 m. de diamètre. Ce sont les ouvrages les plus importants entrepris sur la concession. Ils comprennent essentiellement une descenderie et deux travers-bancs s’ouvrant à trois niveaux différents sur la rive gauche du Piano di Fiume à l’Ouest du point côté 766.

La descenderie s'ouvre à 320 mètres d'altitude, près d'une maison en ruine, et à une cinquantaine de mètres de long, elle suit la formation minéralisée dans les serpentines laminées qui ont un pendage de 20° dirigé au Sud-Sud/Ouest.

Sur le parement Est de la descenderie, il a été observé par les géologues que la couche minéralisée n'était pas unique, il y a au moins deux niveaux. On peut distinguer en effet de bas en haut, une serpentine laminée, puis la couche de magnétite pratiquement pure d’une trentaine de centimètres, une passée de 20 centimètres de serpentine, puis une autre couche de 10 centimètres de magnétite, enfin à nouveau la serpentine. La serpentine encaissante contient d'ailleurs elle aussi de la magnétite, dans une proportion très variable, et de l'ilménite.

Assez large à son orifice, environ 9 mètres, celle-ci se réduit considérablement au bout d’une trentaine de mètres, et prend les dimensions d'une galerie normale.

 


Cette dernière partie est complètement noyée, c’est aussi le cas d’une galerie dont la longueur n’excède pas plus de 20 mètres, percée à partir de la descenderie et débutant par un petit puits.

Le puits date du 19ème siècle, il fut foré dans le but de reconnaître en profondeur le filon de magnétite. Il est aujourd’hui comblé par des déblais, peu abondants, et dépourvus de magnétite. 

Elle aurait été tracée au mur de la minéralisation et on aurait constaté, par des sondages au toit, une puissance exploitable de un mètre.

Le travers-banc n°1 a été foré à la cote 307, débutant par une tranchée, il se poursuit par une galerie de roulage d'une quarantaine de mètres qui relie le travers-banc et la descenderie. Le minerai aurait été localisé seulement aux deux extrémités de la galerie.

Le travers-banc n°2 s'ouvrant quelques mètres plus bas, a une cinquantaine de mètres environ de l'entrée de la descenderie, a sans doute été tracé afin d’examiner la couche minéralisée à ce niveau, une vingtaine de mètres seulement ont été réalisés pour essayer d’atteindre le minerai, mais il ne fut jamais reconnu et les travaux abandonnées depuis des décennies.

Récemment comme c’est la mode actuellement l’état voudrait faire foudroyer toutes les anciennes mines, certaines ont un caractère archéologique, et une préservation en tant que patrimoine historique serait nécessaire, des associations de défense se mobilisent ça et là a travers le pays pour éviter cette destruction stupide.

 

Tout dernièrement une visite du site a été établi en voici la conclusion :

 

Compte-rendu de Visite du 9/11/2008


Comme suite à la demande de Jean-Marie LEGA, Président de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Farinole, une visite de la Mine de Fer de Farinole a été effectuée le 9 novembre 2008.

 

 « Le site minier comporte trois galeries ou excavations dont deux principales (les deux premières qui sont joignables par le sentier principal).

 - Ouvrage n°1 : Galerie 1

Galerie ouverte de section 2,5 x 2,0 m se réduisant ensuite à quelques mètres de l’entrée, à 2,0 x 1,5 m sur une longueur de 40 m environ, dans une roche métamorphique saine et compacte, sans aucun éboulis et d’une tenue parfaite. Aucun boisage n’a été nécessaire durant la réalisation de l’ouvrage. Cette galerie rejoint la galerie G2 et de ce fait est parfaitement ventilée. La dangerosité est nulle. Même à l’entrée, le surplomb n’est pas très important (à l’inverse de l’ouvrage suivant, la galerie G2), et ne présente pas un risque majeur.
- Ouvrage n°2 : Galerie 2

Cette galerie dont il faudrait plutôt parler de chambre de dépilage (en réalité une vaste grotte de 4 à 5 m de hauteur, de 20 à 25 m de largeur en surface et de 25 à 30 m de profondeur descendant en pente douce et communiquant avec la galerie G1) est située à quelques dizaines de mètres au nord de G1, avec un  accès facile par le sentier. La communication entre les deux galeries a été obturée au bas de la descente par un mur de pierres réalisé, après l’abandon de l’exploitation, vraisemblablement par des bergers qui venaient mettre à l’abri leurs chèvres ou brebis à l’intérieur de la grotte.

Cette galerie est l’entrée principale de la mine. La chambre dont un pilier central a été conservé pour renforcer l’édifice, a été réalisée dans une roche saine et parfaitement compacte. Aucun effondrement n’est à signaler sur la voûte ainsi que sur les parements. Comme pour la galerie G1 aucun boisage n’a été nécessaire. La dangerosité est très faible et pratiquement inexistante à l’intérieur.

Le seul point important est le surplomb à l’entrée de la chambre qui se trouve à plusieurs mètres de hauteur et qui peut comporter un risque d’éboulement comme tout surplomb de falaise. C’est le seul point qui pourrait être sécurisé.

A signaler à proximité de l’entrée de la chambre, une ancienne maison en ruine (pas de toit, seuls les murs sont conservés) qui servait à abriter les mineurs durant les travaux d’exploitation.

- Ouvrage n°3 : Galerie 3

Cette galerie est située en contrebas de la galerie G1, ne présente aucun intérêt et n’a pas de dangerosité particulière. Elle peut éventuellement être obturée.

- Conclusion

La Mine de Fer de Farinole (gisement de magnétite dans des roches métamorphiques de couleur verte avec une grande variété de serpentine) présente un intérêt indiscutable est fait partie du patrimoine local dans un cadre grandiose avec un vue magnifique sur le golfe de St Florent ainsi que sur le village de Farinole, sa tour et sa plage.

Aucune dangerosité n’est à signaler à l’intérieur des galeries durant les travaux miniers, la roche compacte étant d’une tenue parfaite. Aucun ouvrage de soutènement n’a été nécessaire durant toute l’exploitation. La ventilation à l’intérieur des galeries est assurée en permanence. Le seul point à traiter est le surplomb au dessus de la chambre de dépilage de la galerie G2 qui est à sécuriser pour éviter toutes chutes de pierres. Le plus simple et le moins coûteux serait de clôturer le pourtour de la grotte et de ne laisser qu’une ouverture sur le côté, à droite en regardant la chambre, le long du parement de faible hauteur et sans risque d’éboulement, afin de permettre l’accès.

 

Un géologue originaire du village de Farinole a fait un autre constat sur le soit disant danger de cette mine pour la population, en voici le rapport :  

 

Suite à cette visite je me permettrai quelques commentaires.


Ingénieur Géologue, j’ai fait toute ma carrière au Commissariat à l’Energie Atomique, notamment au GAM (Groupement Afrique Madagascar), à la COGEMA (Compagnie Générale des Matières Nucléaires) au Département des Recherches Minières de la Branche Uranium, ainsi que dans les filiales au Niger (SOMAIR), aux USA (FRAMCO-FROMINCO), ainsi qu’en Australie (AFMECO). J’ai eu l’occasion de participer à la recherche et à l’exploitation de gisements d’uranium et d’or que ce soit au Portugal, en Amérique du Nord (USA) en Amérique du Sud (Guyane, Colombie, Equateur, Brésil, Argentine), en Afrique (Niger, Gabon, RCA, Sénégal, Mali, Zaïre (actuellement RDC), Zambie, Zimbabwe…) et en Australie. Je peux vous assurer qu’une exploitation (petite) comme celle de Farinole est assez exceptionnelle pour la tenue des différentes galeries ou des chambres de dépilage. Aucun soutènement n’a été nécessaire durant l’exploitation et après son arrêt. On ne note aucun effondrement, la roche étant saine et compacte.
Je connais cette mine depuis plus de soixante ans, car gamin je venais explorer la mine et ses galeries et je n’ai jamais constaté le moindre éboulement que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. J’ai du venir plus d’une dizaine de fois sur le site, faisant visiter l’exploitation à des amis, géologues ou non. Au fil des ans, la Mine de Farinole a gardé le même aspect et a parfaitement vieilli.

J’ai lu avec intérêt le CR de l’audit réalisé par GEODERIS après la visite du site, le 26/09/2003. La lecture de cette Fiche me laisse assez perplexe sur les capacités techniques de la personne qui a réalisé ce type d’expertise. Tout d’abord les coordonnées de la mine sont fausses. Selon ces coordonnées, l’exploitation serait au milieu du hameau de Bracolaccia…La latitude est à corriger : 4274,510 au lieu de 4273,510 pour l’ouvrage n°1 (galerie G1) et de même pour les ouvrages n°2, n°3 (galeries G2 et G3) et l’ouvrage n°4. Les altitudes également sont à revoir (mais d’une importance moindre), 305 m pour G1, 320 m pour G2 et 285 m pour G3. Les photos également ne correspondent pas aux sites : la galerie G1 n’a pas de boisage à l’entrée. Ces photos représentent plutôt la galerie G3. Quant au diagnostic concernant les travaux miniers, il laisse rêveur…D’après l’expert, tous les travaux miniers ont une forte dangerosité…Je voudrais savoir si cette personne de GEODERIS a déjà visité des exploitations minières et a une quelconque connaissance des travaux sous terrains. Car une roche métamorphique aussi compacte et d’une telle tenue, comme celle contenant la magnétite est tout à fait remarquable. Il n’existe aucune dangerosité à l’intérieur des galeries. Le seul point signalé dans mon compte rendu est le risque d’éboulement au- dessus de l’entrée de la grotte de l’ouvrage n°2 (Galerie G2). Vous êtes dans la même situation de dangerosité lorsque vous vous déplacez au pied d’une falaise ou d’un affleurement avec surplomb. C’est le seul point dangereux relevé dans mon expertise et qu’il faudra traiter de la façon la plus simple et la moins onéreuse, soit une clôture en grillage avec des piquets à la verticale du surplomb rocheux. Je suis effaré par les travaux préconisés par GEODERIS, à savoir l’obturation des galeries par des murs en béton d’un mètre d’épaisseur…
Je propose, afin de clarifier la situation concernant l’audit du site minier, d’organiser une visite conjointe avec un représentant de GEODERIS et de voir ce qui est raisonnable d’envisager pour la sécurisation de ce site renfermant une magnifique magnétite et qui présente pour les habitants de Farinole et tous les visiteurs potentiels un intérêt géologique et archéologique certain.



Je reste à la disposition de la DRIRE de Corse pour tous renseignements complémentaires sur le site minier et sur moi-même (cf. la fiche de renseignements ci-après).


Jean-Pierre POGGI - Ingénieur Géologue retraité

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 20:44

Le gisement fut découvert à la suite d’une crue du ruisseau Presa appelé aussi le Tagasanu, entre 1880 et 1890.
Les travaux de recherche furent entrepris en 1903/1904.
En 1905, une demande d'exploitation de la société des mines de la Bourboule-St-Sauveur est rejetée.
En 1908/1909 la société L'Arsenic et la société Minière d’Exploitation déposent une demande d'exploitation. Par suite d'un accord, la société L'Arsenic reste seule et poursuit les travaux.
En 1912, la concession est instituée en faveur de la société L'Arsenic seule. Cette exploitation est activement menée de 1912 à 1924. Durant cette période la production s'élève à plus de 20000 tonnes, soit plus de 1 500 tonnes par an. En 1916, amodiation à « l'aluminium et métallurgie » des Alpes-Maritimes (rue Grange Batelière à Paris). En 1932, faillite de cette compagnie. En 1934, jugement favorable remettant la société L'Arsenic en vigueur avec l'assemblée générale approuvant une seule société. Le minerai a une teneur de 80 % avec un minimum, fait rare, de 30 %.

En 1907, alors que la production mondiale était de 14000 tonnes par an, et celle de France 600 tonnes, la mine de Matra en produisait quelques années plus tard 1 500 tonnes par an. En 1935, diminution de l'activité de la mine de Matra.

A Matra, l’exploitation avait repris après une longue période d’inactivité qui avait duré de 1922 à 1936. Pendant la 1ére Guerre Mondiale la production du sulfure d’arsenic avait été relancée pour l’armement du premier conflit mondial. Elle dépassait alors 1100 tonnes de minerai par an. En 1935, une hausse des cours conduit la société concessionnaire, «l’arsenic », à remettre en état les installations. Le 27 septembre 1938, les travaux sont retardés par un éboulement consécutif à un orage : aussi la reprise en est-elle à ses débuts quand survint la 2ème Guerre Mondiale. En 1939, la mine fournit 309 tonnes de minerai marchand. Le tout-venant est traité sur place à la laverie. L’usine locale de flottation a été montée en 1936 ; elle est alimentée par une modeste centrale équipée d’un moteur semi-diesel Fairbanks de 100 CV et de deux alternateurs de 100 kWh chacun ; on y ajoute en 1939 un moteur diesel de 100 CV. Ce matériel assure, de justesse, la couverture des besoins de l’usine. Les traitements suivants sont faits à Auzon, en Haute-Loire. Les meilleurs clients sont la poudrerie d’Angoulême et la pyrotechnie de Bourges. L’exploitation, malgré son éloignement des utilisateurs, malgré une mauvaise desserte routière, devient rentable. En effet, « les produits marchands de Matra se sont valorisés en 1939 de 5 à 6 fois leur valeur ancienne » (celle de 1938).

Au départ de Matra, le prix des concentrés est de 1500 à 1700 francs la tonne. On les transporte par camions, en sacs de 50 Kg, sur une mauvaise route, jusqu’à la station d’Alistro, chemin de fer qui part de Bastia a Porto-Vecchio sur la côte orientale. De là, on les achemine jusqu'à Bastia. Or, dès le  lendemain du jour de la déclaration, tout le personnel a été licencié. L’ordre était venu de Paris où se trouvait le siège de la société « L’arsenic » ; Société anonyme au capital originel modeste de 240 000f. , concessionnaire du gisement depuis 1906. Elle avait succédé à une société de Saint-Etienne la « Société des Mines de la Bourboule-Saint-Sauveur » qui avait fait les premières recherches. Au total, les caractéristiques de cette exploitation minière sont : un financement et un encadrement assurés de l’extérieur ; des emplois variables en nombre et médiocrement rémunérés ; une production discontinue, très sensible aux fluctuations du marché, et le handicap de l’éloignement des lieux de traitement et de consommation.  
En 1943, fin de l'exploitation.



De nos jours, on trouve toujours de magnifiques échantillons de ce minéral. Les gens du village sont très accueillants, et la recherches de minéraux sur les anciennes haldes de la mine par beau temps est toujours un moment de bonheur.




Le réalgar est un minéral qui montre une magnifique couleur rouge, mais très délicat: une exposition prolongée à la lumière provoque la désagrégation de ses cristaux, qui se transforment en une poudre jaune orangée constituée principalement d'arsénolite (le très toxique anhydride arsénieux) et d'orpiment.
Le nom plutôt insolite de ce minéral dérive de l'arabe et signifie "poussière de mine". Connu depuis l'Antiquité pour ses multiples usages en médecine, il fut utilise au Moyen Age par les alchimistes, qui le nommaient "riz du coq". Le réalgar, constitué chimiquement d'un sulfure d'arsenic.

Le réalgar est un des différents sulfures d'arsenic présents dans la nature on connaît également, outre cette espèce et le célèbre orpiment, les très rares pararéalgars (de même composition chimique, mais de forme cristalline différente de celle du réalgar) et dimorphites. Le réalgar contient 29,9% de Soufre et 70,1 % d'arsenic.

Il cristallise dans le système monoclinique. Les cristaux de ce minéral sont assez fréquents et présentent une structure prismatique, avec des striures disposées selon l'allongement du cristal. Ce minéral est toutefois peu commun en formes massives, granulaires ou en incrustations. Transparent s'il est frais, translucide autrement, le réalgar est d'un beau rouge intense ou d'un rouge à peine orangé; son éclat est résineux à gras.

Très tendre et assez lourd, il a un clivage distinct mais assez peu évident.

Sa fracture est conchoïdale, et c'est un minéral sectile.

Les échantillons de réalgar doivent être conservés dans l'obscurité, car une exposition prolongée à la lumière provoque facilement la désagrégation du minéral, qui se transforme alors en une poudre jaune orangé, constituée en majorité de la toxique arsénolite (qui contient arsenic et oxygène) et de sulfures d'orpiment, et selon certains, de pararéalgar. Le réalgar est fréquent dans les filons hydrothermaux de basse température, associé en particulier à d'autres sulfures arsenicaux et d'antimoine. On le trouve également comme produit de sublimation volcanique, dans les fumerolles, et encore dans les dépôts qui se sont formés à proximité des sources chaudes; enfin, il est présent dans quelques roches sédimentaires (dolomies, schistes bitumineux).

De très beaux échantillons proviennent de Matra Haute Corse (2B), ceux-ci ont été souvent étudiés par les cristallographies du monde entier, dont le célèbre H.Ungemach, une étude particulièrement intéressante sur laquelle de nombreux cristaux de réalgar seront décrits.
Dans la chaîne alpine, des cristaux très intéressants ont été découvert  dans le célèbre gisement de Lengenbach la vallée de Binn, en Suisse. Ainsi que d’Allchar en Macédoine (ex-Yougoslavie), de Baia Sprie, Cavnic et Sacarâmb en Roumanie, et la Mine de Getchell dans le Nevada (Etats-Unis). Le réalgar peut être utilisé pour extraire l'arsenic métallique ou pour obtenir divers composants de cet élément. Par le passé mélangé au salpêtre  il était employé dans la préparation des feux d'artifice. Vers 1900-1918, il a été recherché comme source d'arsenic (arsines). Mais actuellement, la très grosse production d'arsenic de gisements à arsénopyrite plus ou moins aurifères comme ceux de Salsigne (Aude) a conduit à le délaisser.





Hornésite sur Réalgar

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