Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 21:16

La Mine de Farinole (Faringhulé en langue Corse)  

Vers la fin du 19ème siècle le célèbre minéralogiste Alfred Lacroix en traitant sur la magnétite de Corse disait ceci : « c’est dans la même roche que se remarquent des lentilles de magnétite à Farinole et Olmeta. Un commencement d’exploitation y a été fait, cette magnétite est compacte ou finement grenue, ce sont vraisemblablement des gisements analogues qui ont fourni des échantillons similaires de la collection du Muséum d’histoire naturelle de Paris et provenant certainement de Poggio d’Oletta, de San-Pietro-de-Tenda et de Galéria ».


La magnétite est d’ailleurs fréquente dans toutes les serpentines corses.

Le géologue Nentien l’a signalé comme particulièrement intéressante à ce point de vue et sur le versant occidental de la crête séparant Barrettali et Canari de PietraCorbara et plus particulièrement les escarpements, situés au pied occidental du Monte Alticcione dans le Cap-Corse.

D’après un autre célèbre géologue de la fin du 19ème siècle (Hollande-D - Géologie de la Corse. Grenoble 1917. 466p. Bulletin Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse), il disait ceci « Selon la tradition : Le peuple Corse dit des prodiges et qu’on trouve près du couvent d’Oreglia ou plutôt Oveglia sous le Monte Castello près de Cagnano, et vulgairement appelée (Pietra quadrata) pierre carrée, ayant la dureté du marbre, la pesanteur du plomb, la couleur du fer brute, quèsta pietra devè essèrè quadrata come un’ dado[1] di colore del ferro.

Le vrai est qu’elle composée de nature ferrugineuse et reste en figure carrée semblable a un dé, quelques impressions qu’on lui donne…

Dans son étude sur les origines du relief de la Corse Mr Deprat fait remarquer que : le fait d’avoir les sommets renflés en dômes a courbes molles depuis la cote ouest jusqu’au couvent d’Oreglia, devient la caractéristique des formes prises par les massifs de roches éruptives basiques. En deçà de ce couvent jusqu'à la cote orientale les versants abaissés en pente douce jusqu'à la mer montrent ensuite l’effet du modèle sur les
schistes luisants plissés. Ces derniers dessinent un anticlinal normal à la zone axiale N-S et à flancs réguliers plongeant les uns à l’E sur la mer, les autres à l’ouest sur les péridotites du Monte Castello. L’ensemble du Cap-Corse présente les mêmes caractères.

Examinons la carte au 1/50000ème et sur la commune de Cagnano nous trouverons le Monte Castello à l’E duquel est le couvent de l’Oreglia (c'est-à-dire Oveglia) qui d’après l’abbé Germanès est la région de la Pietra quadrata.

Enfin d’après l’ingénieur Bellin (1769) « dans le fief de Canari auprès d’un lieu appelé Oreglia on trouve une matière ferrugineuse qui a une singularité qui lui est propre. C’est que de quelques façon qu’on la retire de terre ou des rochers, elle se présente toujours une figure carrée comme un dé ».

De cette citation retenons : dans le fief de Canari (1769 Bellin) parce que Canari est situé non loin de Cagnano où se trouve le couvent d’Oreglia ; c’est donc bien dans le Cap-Corse qu’il faut rechercher la Pietra quadrata.

Cependant, certains auteurs l’on signalés dans le Fium’Alto « E. Bergerat, la chasse au mouflon 1890, chapitre 1er » et aux environs de Corté « Bellin 1769 ».

De nombreuses vertus furent attribuées à cette pierre carrée, par exemple attacher a la jambe gauche en dedans et au dessous du genou pour rendre infatigable la marche a pied.

De très beaux octaèdres de magnétite se trouvent en grande quantité dans certains schistes chloriteux de l’île et notamment aux environs de Brando, d’Erbalunga, de la tour de Losse ainsi que dans la région de Morosaglia.

 

 

 

 

 Lors de mes recherches au début des année 80, suite aux indications apportées dans les nombreuses études faites par les minéralogistes depuis plus d’un siècle dans notre région j’ai découvert de nouveaux indices de ce minéral, malheureusement certains de ces indices ne sont que de simple roches erratiques éparpiller dans le vallon au pied du Monte Alticcione, je n’ai a ce jour pas encore découvert les indices en place. Mais une concentration existe sans doute tout de même car les cristaux de magnétite par emplacement sont intimement liés. Ils sont imbriqués par zone et peuvent former des macles.   

Les formes souvent observées  p (100) ; a1 (111) ; b1 (110).

Macles suivant a1, souvent polysynthétique, donnant naissance à des bandes hémitropes, qui se manifestent par des stries sur les faces octaédriques et par des plans de séparation parallèles à celles-ci.

La magnétite est une variété de spinelle inverse.

Dans les faciès des cristaux on observe une forme dominante qui est l’octaèdre régulier, et portant parfois de petites facettes b1 (fig. 1) d'autres formes peuvent apparaître, il s'agit d’une forme dodécaédrique semblable a l’hématite et se rencontre dans un site seulement, c'est le site du Monte Alticcione qui a été décrit par A. Lacroix "Minéralogie de la France ".



Les cristaux sont fréquents avec deux faciès souvent combinés :

L’octaèdre {111} a  faces lisses qui ont d’ailleurs la forme la plus familière (fig.1)

Le rhombododécaèdre {110} avec des striations caractéristiques suivant la grande diagonale de chaque face losangique (fig. 2)


fig.1


Fortement magnétique sa dureté est de 5,5 a 6,5 elle a une densité de 5,18 lorsqu’il s’agit d’une qualité pure de ce minéral, elle a une cassure conchoïdale a quelque fois inégale, il peut y avoir des plans de séparations suivant {111} et aussi des pseudomorphoses de magnétite en hématite.

 fig.2






[1] Traduction un dé, allusion a la forme de la magnétite, et non a une cassure quelconque de ce minéral

Partager cet article
Repost0